Qu’est-ce qu’une famille ?

La définition du couple est aussi floue, de nos jours, que celle du mot « famille ». Cette dernière a d’abord longtemps été de type « patriarcal », avec un homme dominant à sa tête et plusieurs foyers rattachés : le père et la mère, les enfants et leurs conjoints, les petits-enfants. Le couple était alors plus encadré parce qu’au centre même de la famille. L’intimité était peu respectée, la vie commune générant une grande promiscuité : on vivait souvent en groupe, dans de grandes maisons familiales. Cette structure avait des effets directs sur les époux : tout d’abord, la famille consistant en un groupe compact, cette deuxième « enveloppe » autour du couple, comme une coque aussi protectrice que contraignante, avait pour effet de le rendre plus solide (par la force des choses, on osait moins le défaire). D’autre part, le patriarche, avec son rôle de « dirigeant » aux commandes du groupe familial, représentait un pouvoir externe au couple, qui pourtant influait sur celui-ci. Le couple, en somme, devait céder à certains compromis ; il était partiellement soumis à une autorité tierce, voire à un véritable joug. Mais les décisions étaient prises par le père, en tant que chef de la famille. Enfin, la promiscuité de cette vie empêchait souvent le dialogue entre les époux, ou l’entravait tout du moins.

Le couple sous régime patriarcal suivait donc un rythme strictement lié à cette façon de vivre. Georges et Aline, retraités, racontent leur expérience :

« Nous nous sommes rencontrés à un bal de 14-Juillet, sur la place du village où nous habitions tous deux, dans le Cher. Je venais de terminer mon service militaire et je m’apprêtais à prendre ma place aux côtés de mon père dans son exploitation viticole, raconte Georges. Aline était très jolie. Elle portait une robe jaune pâle ce jour-là, au bal ; je me souviens très bien ! »