Le couple postmoderne : se sentir aimé

De nos jours, nombreux sont les célibataires (plus de 10 millions en France). Qui plus est, 16 % des couples, mariés ou non, ne partagent pas la même habitation (source Ined). On les appelle « non-cohabitants », Lat (de l’anglais : Living Apart Together), ou « intermittents du couple » ! Cette « race de mutants » est souvent contrainte à renoncer à la vie commune du fait d’impératifs professionnels ou par choix : voici que se profile le couple postmoderne.

C’est le cas de Victor et Francesca, tous deux attachés de presse : « Quand nous nous sommes rencontrés nous avions déjà chacun notre appartement, précise Victor. Moi, dans le septième arrondissement de Paris et Francesca, dans le cinquième. Nous n’avions aucun désir de quitter nos lieux de vie, ni l’un ni l’autre. Francesca a un tout petit deux pièces perché sous les toits, dans une rue très passante, avec un balcon sur lequel elle cultive ses plantes. Pour ma part, j’habite une sorte de loft très moderne avec un large espace central, dans une ambiance zen, calme et feutrée : pas du tout le même style ! »

« Le fait de ne pas partager le quotidien ne nous éloigne en rien, dit Francesca. Au contraire, nous sommes toujours heureux, presque émus, de nous retrouver deux ou trois fois par semaine, pour une sortie, un repas avec des amis, ou tout simplement pour passer la soirée et la nuit ensemble – en général chez Victor. »

« Je ne vois pas du tout en quoi cela nous empêcherait d’être un vrai couple. Tous nos amis nous considèrent comme tels. Nous n’avons pas l’impression de précarité. En revanche, nous apprécions énormément ce sentiment de liberté que nous procure l’indépendance et puis, sincèrement, je n’ai pas très envie de jouer les maîtresses de maison, ni de laver le linge de mon homme, etc. Être une compagne autonome, c’est plus gratifiant et, pour moi, bien plus agréable ! »