Je n’ai jamais fait de rêves érotiques.


Au grand dam de Paul qui m’interroge régulièrement, à l’affût d’une poussée de fièvre onirique qui le rassurerait sur mon univers fantasmagorique. Mais non. Rien. Niente. Le Big Bang inversé. L’antimatière sexuelle. Mes nuits sont aussi calmes que celles de la Belle au Bois Dormant. Je nous aurais souhaité des images licencieuses nous inspirant moultes nouvelles positions, débridant nos imaginations jusqu’à plus soif. Mais je ne fais que dormir des heures et des heures sans qu’aucune pensée grivoise ne vienne perturber mon hibernation quotidienne. Mes nuits sont de plomb, et mes réveils, sans surprise. « Alors ? Tu as fait des rêves cette nuit ? » ne manque pas de quémander mon obstiné de mari. « Non, toujours rien. » Je finis par redouter d’ouvrir les yeux, bredouille. Mais le temps passe, et je ne vois rien venir.

Cette nuit, j’ai pris un coup de vieux. Une grande claque qui m’a fait voyager dans le temps, et il a fallu que je tombe dans les années quatre-vingts. On est glamour ou on ne l’est pas. Apparemment, c’est là que s’est plu mon subconscient. J’ai rêvé que Patrick Bruel m’emmenait faire un tour en 4 x 4 dans Montmartre. Si, si.

Ni Georges Clooney, ni Matt Damon, non, Patriiiick. Tu parles d’un fantasme… J’ose à peine le dire aux moins de trente ans. D’ailleurs, j’interdis à tout lecteur ayant vu le jour après 1981 de porter son regard sur les lignes qui vont suivre, sous peine de perdre définitivement un potentiel lectorat dans cette tranche d’âge (cette génération ne lit pas, elle chante… mais bon). Je dois, quant à moi, me rendre à l’évidence, je suis de celles qui s’étaient donné rendez-vous dans dix ans.